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Accueil  >  Archive et documentation  >  Le Centre de documentation juive contemporaine  >  Histoire du CDJC


  Histoire du CDJC
 
 
Le 28 avril 1943, alors que la France est occupée, Isaac Schneersohn réunit dans l'appartement qu'il loue dans la rue Bizanet, à Grenoble, 40 militants et responsables de différentes tendances de la communauté juive afin de créer le Centre de Documentation Juive Contemporaine. Alors que la communauté juive de France est traquée par l'occupant nazi suppléé par la police du gouvernement de Vichy, l'objectif est de mettre en place une structure qui rassemblerait des preuves de la persécution des Juifs afin de témoigner et de demander justice dès la fin de la guerre.


 

 

 

Isaac Schneersohn
fondateur du Centre de documentation juive contemporaine en 1943
et fondateur du Mémorial du Martyr Juif Inconnu inauguré en 1956
©photo CDJC


 


















Après cette réunion de Grenoble, les fondateurs du CDJC commencent à rassembler des documents, mais leur activité est stoppée par l'invasion allemande en septembre 1943 de la zone jusqu'alors occupée par les Italiens, zône dans laquelle se trouvait Grenoble. Schneersohn rejoint la résistance en Dordogne et noue des contacts avec la Résistance française qui s'avéreront utiles par la suite.

Alors que les combats pour la libération de la France ont commencé, Isaac Schneersohn et son équipe rejoignent Paris afin de sauver de la destruction et de la mise sous séquestre les fonds d'archives émanant de Vichy et de l'occupant nazi.
Aidé par des résistants et grâce au flair d'Isaac Schneersohn et de Léon Poliakov en charge du Service de recherches des archives, le CDJC met la main sur des archives précieuses dans des conditions souvent rocambolesques, telles que celles du CGQJ, de l'ambassade d'Allemagne à Paris, de l'Etat-major, de la délégation générale du Gouvernement de Vichy et surtout sur celles du service anti-juif de la Gestapo, l'une des rares récupérées en Europe.

Dès la fin des hostilités, le CDJC entreprend de classer ses archives afin d'étudier le processus qui avait conduit à la destruction des Juifs de France.
Il crée sa propre maison d'édition, publie ses premiers travaux sur les camps d'internement (Joseph Weill, Contribution à l'histoire des camps d'internement dans l'anti-France, Paris, CDJC) et se dote, en 1946, de la première revue d'histoire de la Shoah, le Monde Juif.


Le CDJC et le jugement des criminels de guerre

Parallèlement à ce travail d'histoire et de mémoire, le CDJC est sollicité par le gouvernement français, par l'entremise d'Edgar Faure, afin d'étayer la plaidoirie française aux procès de Nuremberg. Le CDJC transporte sa documentation à Nuremberg et bénéficie d'une représentation permanente pendant les procès internationaux et américains, devenant l'un des destinataires officiels de tous les documents alors en circulation.

L'activité déployée par le CDJC à Nuremberg lui vaut la reconnaissance du Procureur général Telford Taylor qui autorise Léon Poliakov et Joseph Billig à puiser dans les archives de ce premier grand procès international. Ce rôle d'aide à la justice inauguré lors des procès de Nuremberg s'est poursuivi durant les procès des responsables et complices de la solution finale en Allemagne, en France et en Israël où Georges Wellers, le responsable scientifique du CDJC est appelé à déposer au procès Eichmann. Dans les années 1980, le CDJC fournit à la justice française une pièce d'archive, le télex d'Izieu, qui lui a permis de procéder à l'inculpation de Klaus Barbie, le chef de la Gestapo de Lyon, pour crimes contre l'humanité.


La création du Mémorial

En 1950,  Isaac Schneersohn décide de créer un tombeau-Mémorial destiné aux victimes de la Shoah. Cette idée suscite l'opposition d'une partie de la communauté juive qui ne voulait pas "d'une institution tournée vers le passé". Isaac Schneersohn s'attache alors à fonder un large comité de parrainage comprenant de nombreuses personnalités. Lorsque le chef du gouvernement du très récent Etat d'Israël est sollicité, David Ben Gourion prend conscience que le premier Mémorial dédié aux victimes juives du nazisme verrait le jour à Paris. Aussi très vite, l'Etat d'Israël crée Yad Vashem, à Jérusalem, avec qui le CDJC établit des liens privilégiés.

La première pierre du Mémorial est posée le 17 mai 1953 sur un terrain donné par la Ville de Paris. Plusieurs pays, la France, la Belgique, le Luxembourg, la Yougoslavie contribuent à la construction du Mémorial par la donation d'une œuvre d'art.


 

 

 

 


Pose de la première pierre du Mémorial le 17 mai 1953
©photo CDJC


Le bâtiment est inauguré le 30 octobre 1956 en présence de 50 délégations des communautés juives du monde entier, de nombreuses personnalités politiques et religieuses venues de toute l'Europe. Des cendres provenant des camps d'extermination et du ghetto de Varsovie sont solennellement déposées le 24 février 1957 dans la crypte du Mémorial par le grand rabbin Jacob Kaplan.
Classé monument historique depuis 1991, le Mémorial du Martyr Juif Inconnu accueille chaque année les principales cérémonies liées à la Shoah [ghetto de Varsovie, découverte du camp d'Auschwitz, Hazkarah, Journée nationale de la Déportation] organisées par l'Etat ou par la communauté juive.

Le CDJC, qui avait déménagé à Paris après la Libération, a trouvé en 1956 une place naturelle dans les murs du  Mémorial.

Le développement du centre de recherche sur la Shoah, devenu l'un des tout premiers en Europe, comme celui des activités du Mémorial, notamment en direction des publics scolaires, ont amené le conseil d'administration du Mémorial- CDJC à proposer une nouvelle étape : la création du Mémorial de la Shoah.

Avec le soutien de l'Etat, de la Ville de Paris et de la Région Ile-de-France, le Mémorial s'est doté d'un projet d'agrandissement de son bâtiment. Achevé fin 2004 cette extension a permis notamment d'offrir davantage de place aux chercheurs dans les salles de lecture, de déployer l'exposition permanente sur l'histoire de la Shoah, de créer un espace multimédia, un auditorium et d'ériger à l'extérieur du bâtiment « le Mur des noms » où ont été gravés les noms de tous les Juifs déportés de France.

 
 
 
   
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