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Irène Hajos |
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Irène Hajos, la Hongrie et la triste musique des camps. (2:16:37)
Irène Hajos n'aime plus la musique, depuis qu'un orchestre de forçats l'a "accueillie", en 1944 à Auschwitz, avec sa famille hongroise dont elle est la seule rescapée. Le partage d'un pain l'a sauvée. A 82 ans, elle se demande toujours comment elle a ensuite survécu à deux "marches de la mort" et à l'horreur de Ravensbrück.
Témoignage recueilli en 2004 par le Mémorial de la Shoah et la Mairie de Paris.
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Chapitre 1 : Les rêves de haute couture d'une enfant hongroise. Chapitre 2 : Printemps 1944, de la prise de Budapest aux wagons à bestiaux. Chapitre 3 : L'arrivée à Birkenau : "Seule en une seconde". Chapitre 4 : La mort du père, l'usine à grenade et le gasage en masse des Hongrois et tziganes. Chapitre 5 : L'usine d'Auschwitz : "On était comme des bêtes". Chapitre 6 : La révolte des Sonderkommando. Chapitre 7 : "Marche de la mort" vers Ravensbrück. Chapitre 8 : Retour sur les conditions de vie à Auschwitz. Chapitre 9 : L'horreur de Ravensbrück, deuxième "marche de la mort" vers Hambourg. La libération. Chapitre 10 : Triste retour à Budapest. Chapitre 11 : "La Hongrie n'a pas beaucoup changé". Chapitre 12 : Témoigner maintenant.
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Biographie :
De Nagykanizsa (sud de la Hongrie) où elle a vu le jour en 1922, Irène Hajos a gardé un bel accent, et le souvenir d'une vie merveilleuse d'insouciance et de rêves de haute couture. "Tu seras le dernier à avoir des problèmes", assuraient les Hongrois non juifs à son père, entrepreneur apprécié. Les nazis n'ont pas fait d'exception dès qu'ils ont occupé la Hongrie, en mars 1944 : le ghetto pour tous les juifs, leurs maisons aussitôt pillées. Vint le départ forcé, en famille, vers l'inconnu, dans un wagon à bestiaux.
En une seconde, sur la rampe d'Auschwitz, Irène s'est retrouvée seule au monde, sous les hurlements. Le docteur Mengele la laisse en vie, dans une usine d'armement. De là sont fournies les grenades aux révoltés du Sonderkommando. Complices, quatre de ses camarades sont pendues. Irène était alors à l'infirmerie, blessée au travail. Sa voisine de lit partage avec elle le pain qu'elle s'est procuré. Le geste autant que la nourriture la sauve. "On était comme des bêtes".
Le pire est encore à venir avec deux "marches de la mort" - la neige pour toute "nourriture" -, puis le camp de Ravensbrück (Allemagne), avec les déportés politiques ukrainiens, et la famine. Nouveau départ forcé vers une autre usine, près de Hambourg, où les soldats alliés la libèrent, en mai 1945.
Le retour en Hongrie est triste, notamment parce qu'elle y compte ses morts. Elle se marie ensuite à Budapest et le couple part pour Paris. Irène y réalisera une partie de ses rêves mais n'a jamais été capable de parler des horreurs vécues, ni à son mari, ni à ses enfants. Le tabou ne s'est levé que récemment, devant des classes d'écoliers.
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